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.... MIA SANDHU | Seeing You, Seeing Me, Seeing You | 5 November - 17 December, 2022 .. MIA SANDHU |  Te voir me voir te voir  | 5 novembre - 17 décembre 2022 ....

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There's something particularly fruitful about the 1970s for Mia Sandhu.

It's not just the earthly colour palette that triggers olfactory hallucinations of musty shag-carpets, smokey floral upholstery, and dusty rattan furniture. All elements in Sandhu's drawings come together to produce a synaesthetic reaction — you can smell, hear, taste, and feel her staged environments. And you do so in the position of voyeur. As insinuated in the title, Seeing You, Seeing Me, Seeing You, your presence completes the transaction. 

Populated with decorative foliage, East Indian motifs, and nods to psychedelia, Sandhu's playful and dreamy environments conjure ideas of how the 1960s hippie movement opened the door for more progressive values to become commonplace in traditional North American households. The 1970s marked a significant shift in social, economic, and cultural thinking. Notably, Sandhu's work thematically connects with the "Golden Age of Porn" and also utilizes vintage pornography, specifically magazines, as visual inspiration. 

Shrouded by a veil, lace, or something hazier and unknowable, Sandhu applies a wispy layer of charcoal over the women's faces after she has drawn and detailed their facial features. Her particularly feathery application of charcoal suggests a gentle and perhaps alien form of protection. These coverings enable a delicate layer of privacy and minute respite from the viewer's prying gaze. Yet, what does it mean to "bare it all" but still cover your face? What do privacy and pornography have in common? The artist uses this contradictory place as a point of inspiration and reflects on today's topical conversations surrounding body politics and autonomy. In asserting their power to cover up, the artist enables the gaze to be governed by those being watched, directly contrasting the original source material. 

But more importantly, the 1970s marked the immigration of Sandhu's family — starting in India and Ghana and eventually making their way to Canada. By referencing imagery from vintage erotica, as well as indirectly pulling from her own memories of early life in North America, Sandhu tackles seemingly conflicting themes of femininity, self-confidence, sexuality, humour, safety, and familial expectations and love. 

These explorations can also be traced back to Sandhu's previous work, which depicted the othering feeling of inhabiting an ethnic body in an alien culture. Furthermore, the exhibition feels vaguely surrealist and undoubtedly playful and decorative. Sandhu's compositional and color choices create a blending effect, merging her characters into their surroundings. The physical embodiment of "wall flowers." Their identities become porous as they change with the place they occupy. Here the artist creates a direct correlation between the loss of individual identities and the unimaginably complex process of integrating into new cultures. 

In Sandhu's new series Waxing and Wanning, the artist uses the moon as a metaphor for the ebbs and flows of emotional states that fluctuate daily, sometimes hourly. In these works, the artist depicts dramatic shifts between self-love and self-loathing. Similarly, Sandhu's current series interrogates the idea of motherhood and the idea that one is "full" while pregnant or an empty vessel if otherwise. Characters in A Vessel to Hold attempt to negotiate societal and self-imposed expectations of motherhood and the long-standing expectation that women ought to nurture and mother everyone, even beyond familial bonds. Sandhu's women negotiate these heavy assumptions and demands, and they do so all the while attempting to hold onto their sexuality and light-heartedness.

Sandhu's protagonists appear to be on the cusp of something: they seem unshakeable, poised, and undoubtedly sexy, but perhaps are still fighting to be fully confident, fully knowing. The cumulative effect of Seeing You, Seeing Me, Seeing You, is the feeling that these women aren't posing for us, that their confidence and playfulness isn't for us. It would certainly feel like we arrived in the wrong place at the wrong time if it wasn't for the clear invitation, even beckoning, to investigate further. 


- Jenna Faye Powell

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Les années 1970 ont quelque chose de particulièrement inspirant pour Mia Sandhu. 

Et il ne s’agit pas uniquement de la palette de couleurs terre, provoquant des hallucinations olfactives qui nous ramènent aux tapis à poil long, aux rembourrages emboucanés et aux meubles en rotin poussiéreux. Tous les éléments des dessins de Sandhu s’unissent pour produire une réaction synesthésique. Nous pouvons ainsi sentir, entendre, goûter et ressentir les environnements qu’elle met en scène, le tout dans une optique voyeuriste. Comme l’insinue le titre Te voir me voir te voir, la présence de l’auditoire vient consolider l’expérience.

Parsemés de feuillages décoratifs, de motifs des Indes orientales et de clins d’œil au psychédélisme, les environnements ludiques et chimériques de Sandhu évoquent la façon dont le mouvement hippie des années 1960 a ouvert la porte à des valeurs plus progressistes, pour enfin devenir monnaie courante dans les foyers nord-américains traditionnels. La décennie suivante a, quant à elle, marqué une transition majeure dans la pensée sociale, économique et culturelle. Notamment, le travail de Sandhu est thématiquement lié à « l’âge d’or du porno » et, sur le plan visuel, prend sa source dans les magazines pornographiques de l’époque. 

Sandhu applique une fine couche de charbon de bois sur le visage des femmes, enveloppé d’un voile, d’une dentelle ou d’une matière plus floue, après avoir dessiné et détaillé leurs traits faciaux. D’une subtilité singulière, cette application suggère une forme de protection douce, voire extrinsèque. Les revêtements forment une délicate couche d’intimité et offrent un bref répit du regard indiscret du spectateur. Pourtant, que signifie l’action de « tout mettre à nu » si l’on se couvre le visage? Qu’est-ce que la vie privée et la pornographie ont en commun? L’artiste puise son inspiration en ce lieu contradictoire et réfléchit sur les conversations d’actualité qui gravitent autour des politiques du corps et de l’autonomie. En affirmant son pouvoir de dissimulation, elle permet au regard d’être gouverné par celles qui sont regardées, en contraste direct avec le matériau source d’origine.

Qui plus est, les années 1970 ont marqué l’immigration de la famille de Sandhu. Celle-ci est partie de l’Inde, puis du Ghana, pour finalement se rendre au Canada. En faisant référence à des images de l’érotisme rétro et en s’inspirant indirectement de ses propres souvenirs de jeunesse en Amérique du Nord, Sandhu aborde les thèmes vraisemblablement paradoxaux de la féminité, de la confiance en soi, de la sexualité, de l’humour, de la sécurité ainsi que des attentes et de l’amour de la famille. 

Ces explorations trouvent également leur origine dans les œuvres antérieures de Sandhu, lesquelles dépeignent le sentiment d’altérité que celui d’habiter un corps ethnique dans une culture étrangère. Par ailleurs, l’exposition semble vaguement surréaliste et, sans l’ombre d’un doute, fantaisiste et décorative. Les choix de compositions et de couleurs de Sandhu créent un effet de mélange, fusionnant les personnages dans leur environnement, telle une incarnation physique des « fleurs murales ». Leurs identités deviennent poreuses tandis qu’elles se transmutent avec la place qu’elles occupent. Ici, l’artiste crée une corrélation directe entre la perte des identités individuelles et le processus infiniment complexe d’intégration dans de nouvelles cultures.

Par l’intermédiaire de son nouveau corpus Waxing and Wanning, l’artiste emprunte la lune en guise de métaphore pour la fluctuation quotidienne, et parfois même d’une heure à l’autre, des états émotionnels. Dans ces œuvres, Sandhu présente des variabilités radicales entre l’amour et le dégoût de soi. De surcroît, elle s’interroge sur la notion de maternité, particulièrement en ce qui a trait à l’idée de « plénitude » en période de grossesse ou de « vide intérieur » en période hors gestation. Les personnages de A Vessel to Hold tentent de négocier les attentes sociétales et auto-imposées de la maternité et les valeurs archaïques selon lesquelles les femmes devraient nourrir et materner tout le monde, même au-delà des liens familiaux. Les femmes de Sandhu remettent en question ces présomptions et ces exigences qui pèsent lourd, et ce, tout en s’efforçant de conserver leur sexualité et leur légèreté.

Les protagonistes de Sandhu semblent être sur le point d'accomplir quelque chose. Elles paraissent inébranlables, posées et indéniablement sexy, soit, mais elles luttent peut-être encore pour devenir pleinement confiantes et conscientes. L’effet cumulatif de Te voir me voir te voir donne l’impression que celles-ci ne posent pas pour nous, et que leur confiance et leur enjouement ne nous sont pas destinés. Nous aurions certainement le sentiment d’être atterri au mauvais endroit au mauvais moment s’il n’y avait pas eu l’invitation claire, voire irrésistible, d’investiguer davantage. 

Par Jenna Faye Powell

Traduction par Marie-France Thibault

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Mia Sandhu is a Punjabi Canadian artist currently residing in Toronto Ontario. Sandhu’s multidisciplinary practice explores themes of femininity, sexuality, cultural hybridity, self authenticity, and safety. Expressed through her playful paper and gouache/watercolour based works, Sandhu seeks to examine inner conflicts seemingly intrinsic to womanhood while also challenging more abstract concepts like unrequited assimilation and cultural dysphoria. She attained her BFA from the Nova Scotia College of Art and Design in 2009 and has since participated in residencies at Cotton Factory and Smokestack Studios both located in Hamilton Ontario. Her work can be found in private collections around the world. She has exhibited across Canada, the USA and Europe.  

Jenna Faye Powell is a Canadian artist, writer, and arts administrator based in Toronto, Ontario. With deep interest in intersections between art, environmentalism, and ideas that enact social change, she self-identifies as an optimist. She has attained a MFA degree from the Nova Scotia College of Art and Design University (2012), as well as a BFA degree from the University of Western Ontario (2009). Powell has exhibited nationally and internationally in various solo and group shows and currently works as the Operations Manager for Partners in Art, and Project Manager of Annandale Artist Residency. Powell’s works are available through Patel Brown. 

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Mia Sandhu est une artiste canadienne d'origine punjabi qui réside actuellement à Toronto, en Ontario. La pratique multidisciplinaire de Mia Sandhu explore les thèmes de la féminité, de la sexualité, de l'hybridité culturelle, de l'authenticité de soi et de la sécurité. À travers ses œuvres à base de gouache et d'aquarelle sur papier, Sandhu cherche à examiner les conflits intérieurs apparemment intrinsèques à la féminité, tout en remettant en question des concepts plus abstraits comme l'assimilation impossible et la dysphorie culturelle. Elle a obtenu son Baccalauréat ès beaux-arts du Nova Scotia College of Art and Design University (NSCAD) en 2009. Depuis, elle a participé à des résidences à Cotton Factory et Smokestack Studios, tous deux situés à Hamilton, en Ontario, et a exposé au Canada, aux États-Unis et en Europe. Ses œuvres font partie de collections privées dans le monde entier. 

Jenna Faye Powell est artiste, auteure et administratrice des arts canadienne basée à Toronto, en Ontario. Elle s'intéresse de près aux intersections entre l'art, l'environnement et les idées qui favorisent le changement social et s'identifie comme une optimiste. Elle a obtenu une maîtrise en beaux-arts du Nova Scotia College of Art and Design University (NSCAD) en 2012, ainsi qu'un baccalauréat en beaux-arts de l'Université de Western Ontario en 2009. Powell a exposé à l'échelle nationale et internationale dans le cadre de diverses expositions individuelles et collectives et travaille actuellement en tant que directrice des opérations pour Partners in Art et chargé de projet pour Annandale Artist Residency. Les œuvres de Powell sont disponibles auprès de Patel Brown. 

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